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Chronique politique franco-algérienne

L'un d'entre eux était encagoulé.

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La région est donc contrôlée en grande partie par Syphax , roi des Massaesyles et allié de Carthage. Elle passe après la deuxième guerre punique sous le contrôle exclusif de Massinissa , roi des Massyles, régnant sur la Numidie et allié des Romains. Son règne, de av. Dans l'ensemble, la Numidie restera par la suite, sous les Romains, une terre agricole prospère [ 77 ].

Globalement, le Djurdjura , la Kabylie maritime mis à part quelques enclaves côtières et les Babors constituent des zones hostiles à la pénétration romaine: Les Romains mettent en place un limes Bidendis dans la vallée du Sebaou et un limes Tubusuptitanium dans celle de la Soummam, deux dispositifs militaires destinés en particulier à contrer les assauts des populations du Djurdjura. La présence romaine s'établit principalement dans ces vallées, ainsi que sur les Hauts Plateaux [ 85 ].

Dans la partie orientale de la Kabylie, une urbanisation se développe le long des vallées et des routes, en lien avec la possibilité d'une présence romaine durable [ 86 ]. Dans l'ensemble de la région, les villes, qu'elles soient colonies ou simples municipes , restent relativement peu nombreuses et les montagnards berbères relativement peu perméables à la romanité dont elles sont les foyers [ 87 ].

Les principaux vestiges romains de la région se trouvent à Djemila , l'antique Cuicul , dans les moyennes montagnes de Petite Kabylie: D'autres sites restent à fouiller, comme à Azeffoun celui de Rusazus , la plus riche des villes de Kabylie à l'époque d' Auguste , où ont été signalés murailles, conduites d'eau et thermes [ 94 ].

Les récits des auteurs latins relatent l'alternance de replis défensifs et d'expansions sur les plaines des guerriers montagnards, qui forcent régulièrement les colons à se réfugier derrière les fortifications des cités [ 95 ]. Le pouvoir de Rome se heurte à plusieurs reprises à de vives résistances, des sept années de la guérilla de Tacfarinas , qui s'achève en l'an 24 sous les murs d' Auzia , jusqu'aux révoltes, trois siècles plus tard, de Firmus et Gildon , tous deux fils d'un grand chef tribal des Bibans [ 96 ] , [ 97 ].

L'invasion des Vandales , qui atteignent la Kabylie en - , ne rencontre guère d'opposition dans une population où beaucoup sans doute y voient surtout la fin de la domination romaine. Les Vandales, dont la présence numérique est faible et qui se rattachent au courant arien du christianisme, ignorent l'intérieur du pays et se concentrent sur le pillage des élites urbaines christianisées.

Plusieurs défaites contre les Berbères cantonnent leur influence aux environs de Carthage. Les plaines fertiles basculent sous le contrôle de tribus venues des Aurès. En , le roi vandale Gélimier est cerné dans l' Edough par les Byzantins conduits par Bélisaire et finit exilé à Constantinople [ 99 ]. Les Byzantins , sous Justinien , parviennent à rétablir le contrôle impérial sur une partie de l'Afrique du Nord. Cependant ils suscitent l'hostilité des Berbères et leur pouvoir reste d'une grande fragilité [ 98 ].

En Afrique proconsulaire comme en Numidie, les diversités religieuses, linguistiques et culturelles sont plutôt perçues par eux, à leur arrivée, comme un danger pour la cohésion de l' Empire dans ces provinces.

Même s'ils contrôlent les plaines productrices de blé, l'étendue de la région, l'insuffisance des voies de communication et les disparités entre populations plus ou moins romanisées et non-romanisées réduisent leurs capacités de défense, à la veille de l'arrivée des Arabes [ ]. S'y ajoutent de multiples facteurs de faiblesse: De plus, la présence byzantine n'a jamais regagné l'ensemble de l'ancien territoire romain, le renforcement des tribus berbères pendant la période vandale constituant un obstacle majeur.

La Kabylie comme l'ensemble des montagnes du Tell échappent à leur autorité, qui se limite aux environs de Cirta , de Calama Guelma et de quelques villes fortifiées [ 99 ]. Les Arabes surviennent donc dans un Maghreb divisé, où les Berbères secouent une domination byzantine devenue trop lourde. La déliquescence du pouvoir impérial a favorisé l'émergence dans les régions montagneuses de grands groupes tribaux Kutama , Aureba, Sanhadja , Belezma, Masmouda , etc. Ces confédérations, qui serviront de support à la résistance des chefs aurésiens Koceila et Kahena , vont aussi façonner l'histoire du Maghreb médiéval [ ].

En , les cavaliers arabes et musulmans mènent leurs premières razzias en Ifriqiya [ ]. Le Tell , pays montagneux et difficilement accessible à la cavalerie, reste en marge durant le premier siècle de la conquête. Les informations qui traitent de cette période sont rares et éparses: Ici, comme ailleurs sous l'impulsion de chefs tels que Koceila ou Kahena , les tribus berbères , parfois alliées aux Byzantins , résistent pendant plusieurs décennies avant que le califat omeyyade , en , puisse faire du Maghreb entier une de ses provinces.

Comme ses prédécesseurs, le nouveau pouvoir pèse d'abord sur les populations citadines. Cependant la religion des conquérants progresse rapidement [ ]. Le peuple kutama, fort d'une population nombreuse, acquiert une position d'arbitre dans diverses luttes entre factions arabes ou berbères, puis vis-à-vis de l'émirat aghlabide institué en et premier pouvoir dynastique autonome au sein du califat abbasside [ ] , et sait en tirer parti. Ainsi, selon Ibn Khaldoun: Au service de cette cause, ils font la conquête de l'Ifriqiya, puis de l' Égypte [ ].

Une fois établis en Égypte, les Fatimides laissent aux Zirides , famille alors à la tête de la confédération sanhadja, la charge de défendre le Maghreb contre les tribus zénètes , alliées du califat de Cordoue. La nouvelle dynastie s'installe en Ifriqiya. Par la suite, sa branche hammadide s'en détache et prend le contrôle du Maghreb central , qu'elle place en sous l'obédience abbasside.

En , à leur tour, les Zirides d'Ifriqiya reconnaissent la légitimité du califat de Bagdad et rompent avec le chiisme [ ]. En représailles, les Fatimides envoient les Arabes Beni Hilal au Maghreb, qu'ils leur donnent en fief [ ]. En , pour mieux se protéger des attaques hilaliennes, mais aussi mieux tirer parti d'une évolution des échanges favorable au commerce méditerranéen, les Hammadides construisent sur le site de Saldae la ville de Béjaïa.

Ils y déplacent leur capitale, précédemment établie à la Kalâa des Béni Hammad , fondée soixante ans plus tôt dans le Hodna [ ]. C'est à travers elle, par l'intermédiaire du mathématicien italien Fibonacci , venu y étudier, que les chiffres arabes et la notation algébrique sont diffusés en Europe [ ].

Certains deviennent des saints vénérés par la population locale, comme Sidi Boumédiène , dont le nom est encore honoré dans le Maghreb contemporain. Cependant la tolérance envers les non-musulmans est réelle, comme en témoigne la correspondance entre le sultan hammadide Al Nacir et le pape Grégoire VII [ ]. C'est à proximité de Béjaïa que se rencontrent vers Abdelmoumen , alors jeune étudiant dans la cité, et Ibn Toumert , réformateur religieux qui en a été expulsé, dont il devient le disciple avant de prendre à sa suite la tête du mouvement almohade [ ].

Renversant les royaumes en place, la dynastie qu'il fonde rassemble sous une autorité unique le Maghreb et une partie de la péninsule Ibérique [ ]. L'espace compris entre Béjaïa, dans l'orbite du pouvoir hafside de Tunis , et Dellys, jusqu'où s'étendent depuis Tlemcen les possessions zianides, devient enjeu de rivalités entre les deux royaumes.

Au cours des deux siècles suivants, les États maghrébins, en conflit permanent, font venir en renfort tantôt des mercenaires européens, tantôt les tribus arabes, jusque-là cantonnées plus au sud. De plus en plus affaiblis par leurs rivalités et les batailles de succession internes, ils finissent par laisser se constituer dans les villes principales des centres de pouvoir pratiquement autonomes, tandis que les campagnes sortent de tout contrôle [ ].

Les pourtours ouest, sud et est des montagnes kabyles, plus ouverts, sont les plus rapidement touchés. À l'approche de l'an , seule la confédération centrale, celle des Zouaouas, maintient encore son existence.

Elle a perdu ses terres des Hauts Plateaux mais hérite d'une partie de celles de ses anciennes voisines, dont elle accueille les réfugiés. Dès lors et au cours du siècle qui suit, son autonomie se consolide sur un territoire compris, d'ouest en est, entre les oued Boudouaou et Agrioun , et de la Méditerranée jusqu'à une ligne joignant Sidi Aïssa à Sétif [ 95 ]. En témoigne leur mobilisation pour défendre le Béjaïa hammadide contre les Almohades, puis aux côtés de ses Hafsides tentant de s'affranchir de ceux de Tunis, ou contre les incursions zianides, mérinides et, pour finir, espagnoles [ ].

En , sur la lancée de la Reconquista , les Espagnols s'emparent de Béjaïa et organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays.

Le deuxième se constitue sur les terres des Belkadi, descendants du juriste Al Ghobrini [ note 15 ]. Le dernier s'implante à une trentaine de kilomètres de Béjaïa, dans la vallée de la Soummam [ ]. La Kalâa devient la nouvelle capitale des habitants des environs de Béjaïa quand, après la prise de la ville, ils cherchent protection à l'intérieur des terres. Le site, ancienne place forte hammadide et étape sur l' abrid n'sultan , a été retenu par Abderahmane, prince bougiote, pour des raisons de sécurité.

Initialement alliée des Hafsides , la dynastie s'en émancipe. Abdelaziz, petit-fils d'Abderahmane, prend le titre berbère d' amokrane. Sous son règne, la Kalâa gagne en importance: Plusieurs tentatives sont menées [ ]: Elles échouent toutefois à déloger les occupants espagnols [ ]. Ahmed Belkadi s'établit alors chez les Aït Ghobri , d'où sa famille est originaire, et prend la tête du royaume de Koukou [ ] , qui durera deux siècles [ ].

Béjaïa n'est définitivement reprise aux Espagnols qu'en lors de la bataille de Béjaia [ ] , par la pression combinée du corsaire Salah Raïs Pacha , agissant pour le compte de la régence d'Alger , et des royaumes tribaux [ ] , [ ]. Entretemps les Hafsides ont été évincés de leurs possessions, en Kabylie comme dans tout l'Est algérien. Ils s'y heurtent à la résistance de la population, qui s'organise en Grande Kabylie autour du royaume de Koukou, et de celui des Aït Abbas dans les Bibans et la vallée de la Soummam [ ]: Il y règne plusieurs années avant d'être à son tour vaincu par Khayr ad-Din, allié aux Aït Abbas.

Abdelaziz, sultan des Aït Abbas, est quant à lui tué en au cours d'une bataille contre les Ottomans: En Petite Kabylie , le royaume des Aït Abbas se maintient pendant toute la période de la régence d'Alger. Après quatre mois d'hostilités, les Français abandonnent la ville assiégée par les troupes ottomanes et berbères: La Régence verse un tribut pour le passage de ses troupes, dignitaires et commerçants. C'est dans l'Algérie d'alors le seul endroit où le pouvoir makhzen paye un tribut à des populations locales insoumises [ ] , [ note 16 ].

Ne pouvant soumettre directement l'ensemble de la région, la Régence joue sur les rivalités de clan pour asseoir son influence et percevoir des impôts de certaines tribus. Globalement, les royaumes kabyles, qui bénéficient d'une certaine reconnaissance internationale représentations diplomatiques en Espagne, notamment , contribuent à maintenir l'autonomie de la région [ ].

Conséquence durable de l'intervention ottomane: Les commerçants kabyles sont très présents dans la ville, qu'ils ravitaillent avec les produits agricoles et artisanaux de leur région [ ]. Pour contrebalancer le pouvoir des janissaires , de nombreux corsaires et miliciens de la Régence sont recrutés localement, notamment parmi les Kabyles.

Le dey Ali Khodja s'établit dans la Casbah, sous la protection de soldats kabyles, pour imposer son autorité face aux janissaires [ ].

La famille d' Ahmed Bey , dernier bey de Constantine , mène une politique d'alliance matrimoniale avec les Mokrani et d'autres familles de la région [ ]. Toutefois les conflits ne cessent d'émailler les relations entre les royaumes kabyles et la régence d'Alger. En les tribus des Bibans et de Béjaïa se soulèvent et s'emparent du caïd de la ville. L' agha Yahia, chef militaire de la Régence, ne parvient pas à soumettre la région [ ].

En , les Français se lancent à la conquête de l'Algérie. Au début, l'expédition est dirigée contre Alger. Mais très tôt, les envahisseurs cherchent à occuper l'ensemble du pays, notamment la Kabylie contre laquelle sont dirigées plusieurs expéditions.

Les tribus kabyles combattent sur tous les fronts, d'Alger jusqu'à Constantine. Mis à part les renforts envoyés à la bataille de Staoueli , leur premier contact avec les troupes françaises a lieu en , près de Médéa , où Ben Zamoun mène au combat les hommes des Iflissen [ ].

Béjaïa , passée sous le contrôle de la tribu des Mezaïa après la chute du dey d'Alger , connaît plusieurs incidents avec des navires français et anglais. En , deux expéditions visant à lui imposer comme caïd un dénommé Mourad, puis un certain Bou Setta, sont mises en échec. Une nouvelle expédition aboutit en à la prise de la ville, après une résistance intense de ses habitants.

Cependant les Français ne parviennent pas à en conquérir les alentours [ ]. En , la vallée du Sebaou est conquise, puis la partie de la Petite Kabylie comprise entre Collo et Jijel , soumise en mai et juin par Saint-Arnaud [ ].

En Haute Kabylie, Lalla Fatma N'Soumer , issue d'une famille maraboutique, prend la tête de la résistance à la conquête [ ]. Le cherif Boubaghla en est une autre figure. Originaire de Miliana , arrivé en Kabylie vers pour prôner la guerre sainte contre les Français, il mobilise principalement les tribus du versant sud du Djurdjura, une partie des Aït Abbas pourtant en traité de paix avec la France et les Aït Mellikeche.

Après une campagne infructueuse dans la vallée de la Soummam et un échec à reprendre Béjaïa , il franchit le Djurdjura pour se joindre aux forces de Lalla Fatma N'Soumer, notamment pour la bataille du Haut Sebaou.

De retour dans la région des Aït Mellikeche , sa troupe de partisans fortement diminuée, il finit par mourir au combat, le 26 décembre , contre une troupe française dirigée par le général Camou [ ]. Les années qui précèdent celle-ci sont marquées par un mécontentement général: Après la révolte des Mokrani, ces actions, d'après l'analyse d'Alain Mahé [ ] , prennent le caractère d'une politique de destruction de l'identité kabyle: Des missionnaires chrétiens y mènent des campagnes d'évangélisation jusque dans les villages les plus reculés.

Le droit coutumier berbère y est globalement maintenu, alors qu'il est aboli en pays chaoui au profit du droit musulman. Enfin, l'enseignement en français y est relativement courant jusqu'au certificat d'études, alors que partout ailleurs, c'est la scolastique coranique, en arabe classique , qui est favorisée [ ]. C'est alors une immigration qui ne se disperse pas dans la société française, mais semble au contraire se regrouper en reproduisant la structure des villages traditionnels [ ].

Nombreux sont les Kabyles à participer à la création, en , de l'Amicale des instituteurs indigènes, tout comme plus tard à celle, en , de l'Association des oulémas algériens, dont les médersas serviront de support à la diffusion des idées nationalistes. En , parmi les émigrés qui fondent l' Étoile nord-africaine , 5 sur 8 des premiers dirigeants sont originaires de Kabylie [ ].

La région est touchée de plein fouet par les événements du 8 mai Certains sont éliminés, d'autres, sous la menace de l'exclusion, se rallient à l'orientation alors dominante [ ]. C'est aussi, avec les Aurès , l'une des plus touchées par la répression, du fait de l'importance des maquis et de l'implication de ses habitants. Bastion de l'ALN, la région est aussi le lieu de certaines des plus marquantes de ses victoires, comme la bataille de Bouzegza [ ]. Cependant la mobilisation de la région résiste à la répression des populations civiles destruction des ressources agricoles, pillage, fouille et destruction de villages, déplacement de populations, création de zones interdites, etc.

Après la mort d'Amirouche le 29 mars et sous l'impulsion de ses successeurs Abderrahmane Mira puis Mohand Oulhadj , la wilaya III se réorganise en éclatant ses grosses unités en formations plus petites et en rapatriant les moussblines agents de liaison avec la population dans les maquis. Après le plan Challe, les femmes prennent petit à petit un rôle accru: En , l'ALN parvient à occuper plusieurs postes militaires français [ ]. Ben Bella prend le pouvoir mais ses relations avec la wilaya III restent tendues.

En octobre , il obtient de Mohand Oulhadj un accord autorisant le déploiement de l' ANP Armée nationale populaire sur le territoire de la wilaya et entraînant la dissolution de la plupart de ses unités [ ].

Sur le plan politique, la Kabylie est régulièrement le cadre de mouvements de contestation du régime d'Alger. Jusqu'en , l'ANP mène dans la région une répression qui fait plus de quatre cents morts [ ]. D'autres affrontements ont lieu à Tizi-Ouzou et Alger en et [ ]. Accompagné en de la création d'un nouveau parti, le RCD Rassemblement pour la culture et la démocratie de Saïd Sadi , le réveil culturel s'intensifie en réaction au durcissement de l' arabisation que connaît l'Algérie dans les années [ ].

En juin et juillet , la région s'embrase à nouveau après l'assassinat du chanteur Lounès Matoub et à l'occasion de l'entrée en vigueur d'une loi généralisant l'usage de la langue arabe dans tous les domaines [ ] , [ ]. La révolte touche les régions kabylophones des wilayas de Bouira , Bordj Bou Arreridj , Sétif et Jijel , parties intégrantes de la wilaya III historique, mais restées jusque-là relativement à l'écart du mouvement identitaire [ 13 ].

Le gouvernement est conduit à négocier avec le Mouvement citoyen des Aarchs , mobilisé autour de la plateforme d'El Kseur: Toutefois, en , le tamazight est reconnu en tant que langue nationale [ ]. Créé en juin par Ferhat Mehenni , le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie MAK prône depuis l'autodétermination de la région [ ]. Les sept wilayas où s'inscrit le périmètre Thenia - Sétif - Jijel totalisent une population d'environ six millions de personnes [ note 17 ] , [ ] dont, suivant les estimations, de trois à trois millions et demi de kabylophones [ 49 ].

Le reste des populations kabylophones de la région se répartit sur la moitié est de la wilaya de Boumerdès , la moitié nord de la wilaya de Bouira , le nord de la wilaya de Bordj Bou Arreridj , l'ouest de la wilaya de Jijel, et le nord-ouest de la wilaya de Sétif.

Les Kabyles contemporains font partie du vaste ensemble des héritiers des premiers Berbères , dont les origines ont donné lieu à une multitude d'hypothèses. Les données archéologiques et linguistiques disponibles ne permettent pas de trancher mais elles établissent suffisamment l'ancienneté et la continuité de la présence des Berbères dans leur espace actuel pour qu'on puisse les qualifier d'autochtones [ ]. La question de l'origine des hautes densités montagnardes kabyles divise encore les historiens.

Aux extrêmes s'opposent la thèse d'un peuplement dense très ancien, antérieur à la présence romaine, et celle d'un afflux tardif, consécutif à l'arrivée des Arabes [ ].

Toutefois, un relatif consensus se dégage sur plusieurs points. La présence de populations dans l'ensemble de la région, dès l'époque romaine au moins, paraît également attestée, le seul point encore en débat portant sur le peuplement du territoire relativement restreint, mais aussi le plus densément peuplé, que constitue le massif Agawa. Les traditions locales paraissent corroborer l'hypothèse d'une dualité historique du peuplement kabyle.

Jusque vers , la base de l'économie régionale reste une arboriculture de montagne dont l' olivier et le figuier constituent les deux piliers [ ]. Les productions céréalières sont l'apanage des quelques propriétaires de terres de fond de vallées mais, après la révolte de , celles-ci sont confisquées au profit des colons.

Quant à l'élevage, principalement caprin, quelquefois ovin ou bovin, il est limité par l'exiguïté des sols disponibles pour les pâturages [ ]. Avant la conquête française, l'une des principales sources de revenus extra-agricoles est constituée par l'artisanat et en particulier la fabrication des armes , le travail du bois et le tissage. La perte de l'indépendance entraîne la fermeture des fabriques d'armes et la confiscation des forêts.

Le tissage se maintient jusqu'à nos jours grâce à la demande persistante de burnous et de couvertures de laine mais a largement perdu de son importance économique. Beaucoup d'activités artisanales ont disparu et celles qui subsistent, comme la bijouterie , apparaissent très menacées [ ].

L' émigration est l'autre grande source de revenus complémentaires de la Kabylie précoloniale. Elle s'étend alors à toute l'Algérie et à une partie de la Tunisie, tout en conservant très généralement un caractère temporaire. À la suite de la colonisation, qui en élargit le champ à la métropole française, elle devient un phénomène massif.

Les équipements de base des villages comme les routes secondaires, les écoles, les bibliothèques, la rénovation des puits, l'entretien des moyens d'irrigation et les mosquées ont souvent été financés avec les revenus de l'émigration. Dans les pays d'accueil, les immigrés reconstituaient les assemblées de village tajmaat pour décider des projets pouvant bénéficier à la population.

Cette dynamique explique que les villages kabyles aient su résister dans une certaine mesure à l'émigration massive de leurs habitants [ ]. L'aide de la diaspora constitue toujours un facteur de dynamisme.

En même temps, les fonds ainsi apportés, collectés et gérés par les assemblées villageoises accentuent l'autonomie des villages kabyles [ ]. Après l'indépendance, la région connait divers plans de développement économique.

Le secteur privé, qui est alors délaissé par les politiques publiques, correspond le plus souvent à de petites unités de production, dans l'agroalimentaire ou les produits de construction, destinées au marché local ou régional [ ]. Dans les décennies suivantes, en raison de divers facteurs dévaluation de la monnaie, fragilité des structures financières, prix administrés, etc. De la même façon, les grandes entreprises publiques, dépendantes des mesures de soutien de la demande, souffrent de la contraction de celle-ci à la suite de la dévaluation du dinar et de l'augmentation des charges d'exploitation.

Les années voient émerger un secteur privé dynamique. La création d'entreprises augmente, l'activité se diversifie vers des domaines technologiquement complexes et, fait nouveau, de grandes entreprises privées de dimension internationale se constituent [ ].

Sur le plan sectoriel, l'agroalimentaire connait dans la région un certain développement, avec la constitution d'une multitude d'unités de production de produits laitiers et de glaces, mais aussi l'implantation d'usines de grands groupes comme Cevital ou la société d'eaux minérales Ifri. Traditionnellement prédominante, l'agriculture de montagne perd de la place au profit de l' industrie manufacturière locale, plutôt située vers les Hauts Plateaux, et de l'industrie agro-alimentaire.

Par ailleurs, la Kabylie fournit une grande partie de l'eau potable aux régions fortement urbanisées qui la bordent à l'est et à l'ouest [ ]. Pourtant les limites du développement régional se traduisent par un chômage endémique important, qui frappe en particulier la jeunesse. L' organisation sociale kabyle a connu des évolutions au cours de son histoire, tout en préservant certains de ses traits.

La société pré-coloniale reposait sur un ordre lignager et sur l'imbrication les unes dans les autres de plusieurs structures sociales: Cette organisation hiérarchisée comporte des exceptions: La confédération est une structure souple, les notables des tribus confédérées se réunissant pour gérer les événements exceptionnels, comme les conflits armés.

Le rôle politique des confédérations prend fin avec la colonisation et le maillage administratif de la région. Les quelques confédérations qui subsistent, comme celle des Aït Iraten , n'ont plus de rôle d'identification sociale [ ]. Les premiers, qui détiennent un rôle politique de premier plan, le voient totalement anéanti après la révolte de L'influence religieuse des seconds, quant à elle, perdure mais se trouve amoindrie par la présence française.

Les unités sociales les plus restreintes survivent mieux aux bouleversements historiques. L'institution qui l'administre, la tajmaât assemblée villageoise dispose à la fois des pouvoirs politique, administratif et judiciaire. La tribu aussi présente des éléments de cohésion sociale forts territoire, sanctuaires, marché, solidarité en cas de guerre, etc. Dans un premier temps, les autorités coloniales garantissent le respect du fonctionnement du village, de son assemblée et de la tribu.

Cependant, au fur et à mesure des remaniements administratifs, la tajmaât perd de ses prérogatives officielles, tout en continuant parfois de les exercer officieusement. L'assemblée villageoise gère avec grande liberté les affaires locales, exerce les pouvoirs de police et jouit auprès de la population de plus d'autorité que les agents assermentés par l'administration française.

Les qanun font même l'objet d'un renouvellement, signe d'une activité réelle de l'institution [ ]. Après l'indépendance du pays, toujours en marge des structures officielles que sont les assemblées populaires communales , les tajmaât se maintiennent, avec des prérogatives érodées. Elle mettent à contribution tous les citoyens, émigrés compris.

Mais ne gérant plus que les travaux d'utilité publique voirie, eau potable… , souvent pour pallier les insuffisances des institutions officielles, ou bien des manifestations culturelles comme le sacrifice d'automne timechret , elles souffrent alors d'un certain anonymat. Le réveil identitaire berbère va leur donner un nouveau souffle et inverser la tendance historique.

Les villages kabyles possèdent tous au moins une des trois structures: Au cours des années et , le renouveau identitaire va parfois jusqu'à la restauration des tribus et de leurs conseils.

C'est le cas des Aït Djennad , Aït Bouaddou , Illoulen Ousammer , qui réglementent les cérémonies et les dépenses effectuées lors des célébrations mariages, circoncisions et retours de pèlerinage , avec des sanctions prévues. Lors du Printemps noir de , les tajmaât et les comités de village servent d'ossature à la revendication identitaire et de cadre politique à la mobilisation, se substituant aux partis politiques.

C'est dans leur cadre que s'organisent les marches, la réquisition des moyens de transport et la solidarité avec les victimes de la répression.

En , le mouvement désigné comme le Mouvement citoyen des Aarchs marque aussi le retour dans la société de la tribu. Comme la langue , la société traditionnelle kabyle cherche à négocier son rapport au changement pour assurer sa pérennité [ ]. Les Kabyles font partie des Berbères Imazighen. Leur langue, le kabyle taqbaylit , parlée par la grande majorité de la population [ 49 ] , est une variété du berbère tamazight.

En Grande Kabylie et dans la partie de la Petite Kabylie où le kabyle prévaut, il est la langue maternelle et quotidienne de la presque totalité de la population [ 49 ]. Là où populations kabylophones et arabophones sont en contact, un bilinguisme kabyle- arabe algérien est pratiqué de part et d'autre [ 49 ].

À Béjaïa et à Tizi Ouzou , où la population urbaine traditionnelle était majoritairement arabophone, l'exode rural qui a suivi l'indépendance a généralisé la diffusion du kabyle [ ]. Quant à l' arabe littéral , son emploi est cantonné au système d'enseignement et aux administrations de l'État central [ 49 ].

En pratique, c'est plutôt le français qui est employé pour les usages écrits ou savants et, de façon presque exclusive, dans le commerce et la publicité [ ]. Si le territoire de Grande Kabylie compte peu d'habitants de langue maternelle arabe , Basse et Petite Kabylies ont été davantage arabisées. En Basse Kabylie, l'arabisation remonte à la période ottomane. À cette époque, des terrains de la région ont été concédés à quelques familles d'origine turque ou arabe ainsi qu'à la tribu des Iamriwen , constituée d'aventuriers et de proscrits des autres tribus kabyles [ ].

En même temps que la garde et l'usage des terres de plaines, ils recevaient de leurs commanditaires un cheval avec la charge de tenir en respect les populations avoisinantes. Toutefois, on a assisté depuis à une rekabylisation partielle de ces territoires [ ]. Si Jijel et ses environs étaient déjà arabisés, vers l'intérieur il n'y avait pas encore de rupture territoriale entre les parlers kabyle et chaoui.

Aujourd'hui le Guergour est à moitié arabophone et le Ferdjioua , en totalité. La religion majoritaire est l' islam sunnite. La région lui a fourni jusqu'à nos jours des représentants éminents, comme Abderrahmane Chibane , qui a été président des oulémas algériens [ ].

Comme dans la plus grande partie de l'Algérie, les musulmans suivent en Kabylie la doctrine malékite. Leur pratique religieuse présente toutefois plusieurs particularités. Ainsi la fête de l' achoura appelée localement Taâchourt se voit donner une importance spéciale, qui renvoie peut-être au chiisme des Fatimides [ ]. Le mouvement des marabouts et celui des zaouïas ont aussi imprimé leur marque.

Comme l'a écrit Mouloud Mammeri:. Historiquement, l'islam maraboutique s'enracine dans la tribu, structure fédérative qui a en permanence besoin de forces capables de modérer les rapports en son sein. À l'époque, la déliquescence des États centraux et les intrusions chrétiennes espagnoles en Afrique du Nord amènent à un état de confusion général parmi les musulmans.

Le mouvement maraboutique, essentiellement spirituel et mystique à l'origine, se donne alors un rôle temporel et politique, en réponse aux attentes des populations. Cependant, contrairement à d'autres endroits du Maghreb, ce processus n'aboutit pas, en Kabylie, à la prise du contrôle politique de principautés par les marabouts.

Ainsi les royaumes de Koukou et des Beni Abbès ne sont pas dirigés par des lignées maraboutiques et les tribus maraboutiques n'ont pas non plus de rôle prépondérant, sur le plan politique, dans la région. C'est dans le domaine du fiqh , la jurisprudence, que les marabouts développent leurs compétences. Leur action modératrice complète le rôle de la tajmaât , vrai centre du pouvoir politique et lieu d'élaboration des qanuns , les lois et règlements qui s'appliquent à tous.

Les zaouïas apparaissent ainsi comme une sorte de contre-pouvoir, tempérant les conflits et maintenant les équilibres sociaux [ ]. L'importance de la zaouïa dépendait de la renommée du marabout fondateur. Les familles maraboutiques disposaient en Kabylie d'un droit de protection appelé laânaya , privilège souvent utilisé comme droit de passage à travers la région. Durant la période ottomane, les marabouts ont servi d'intermédiaire entre la société kabyle et les caïdats , structures administratives mises en place par la régence d'Alger dans les villes littorales Béjaïa , Jijel … et en périphérie Boghni , Bouira … de la Kabylie, qui restait globalement hors de son contrôle.

Les caïds leur demandaient de faire passer sous laânaya protection des troupes de Béjaïa , possession de la Régence isolée par les montagnes, jusqu'à Alger.

En échange, la Régence rémunérait les marabouts et leurs zaouïas, et prenait parfois en charge le financement des travaux de leurs mausolées [ ]. Les Français , au contraire, ont considéré comme gênante l'implantation des marabouts en Kabylie: Celui de Cheikh Amokrane à Ait Zellal draine ainsi les foules pendant les fêtes de taâchourt et du mouloud [ ].

À côté des musulmans existent des minorités chrétiennes , catholiques ou protestantes de diverses confessions: Les juifs , qui ont presque tous quitté le pays à l'issue de la guerre d'Algérie , avaient auparavant une présence significative dans les régions de Sétif et de Béjaïa. Dans cette dernière ville, le quartier de Karamane en abritait une importante communauté: Venant après les traductions de la Société biblique britannique, une édition d'émanation catholique des quatre évangiles en kabyle a été publiée de à [ ].

Des travaux entrepris pour la traduction du Coran et la rédaction d'un lexique religieux en kabyle ont abouti à une parution en [ ]. Parmi les équipes de football de la région, la Jeunesse sportive de Kabylie JSK se distingue nettement par la richesse de son palmarès. C'est aujourd'hui la première équipe d' Algérie par le nombre de coupes gagnées [ ]. Le club, qui n'a jamais connu la relégation depuis son accession en première division en , remporte son premier championnat d'Algérie quatre ans seulement après celle-ci, en La JSK a également remporté cinq coupes et une supercoupe d'Algérie.

Depuis , le club a le statut de professionnel à la suite d'une réforme du championnat. L'autre grand club de football de la région est la JSM Béjaïa. Son ascension en première division a fait naître le derby kabyle [ ]. La Kabylie est aussi un fief du volley-ball algérien, notamment à Béjaïa , considérée comme le pôle national de la discipline. Les joueuses de l' équipe d'Algérie de volley-ball féminin , qui ont remporté la coupe d'Afrique des nations, sont majoritairement issues des clubs de Béjaïa, qui dominent dans les compétitions nationales et africaines [ ].

Taddart , le village kabyle, est généralement placé sur une crête tawrirt ou un plateau élevé agwni , emplacement dont souvent son nom rend compte exemple: Tawrirt Mimoun, tawrirt Aden. Les maisons sont étroitement regroupées de façon que leur ensemble, vu de l'extérieur, forme un bloc unique. En élévation, elles paraissent se chevaucher, chaque pignon dépassant le pignon voisin en montant vers le sommet. Pressées les unes à la suite des autres au long des lignes du relief, elles forment de véritables agglomérations descendant rarement en dessous de cinq cents habitants.

Cette répartition dense est sensiblement identique à celle des Kasbahs [ ]. Ce type de village répondait notamment, avant l'apparition de l'artillerie, à des préoccupations défensives [ ]. Simultanément son architecture se trouve sérieusement menacée par l'introduction du béton [ ]. La maison kabyle, dite axxam , est une construction ancienne de montagne, plus ou moins décorée et ornée selon l'importance sociale et la richesse du propriétaire, de sa famille ou de sa tribu. Il y a deux grands types de maisons, celles à toit à deux versants couverts de tuiles et celles à terrasse, certaines constructions mêlant les deux structures.

Les fondations sont des tranchées comblées avec de grosses pierres adrar et du mortier d'argile. Pour les murs, deux techniques sont principalement employées, le mur de pisé avec un coffrage en bois tabbadit et le mur de pierre taghaladt.

La charpente est faite de pannes isulas , la panne faîtière asulas alemmas étant souvent la plus importante. Les pannes reposent sur les murs-pignons et parfois sur des poteaux de bois fourchus tikjda.

La toiture est faite de roseaux ighunam ou de branches d'olivier tachita n tazemmurt et de tuiles d'argile karmoud creuses ou mécaniques. Souvent, plusieurs maisons sont regroupées autour d'une cour centrale appelée oufrag [ ]. Les fonctions économiques de la maison sont réparties en trois espaces distincts: Le travail intérieur concernant le sol et les murs revient aux femmes.

Les fresques murales ont recours à des symboles variés, aux significations multiples. La région possède un patrimoine civil encore vivant. C'est le cas par exemple des salines traditionnelles tamellaht , comme celles que l'on peut rencontrer dans les Bibans: D'architecture généralement assez simple, ce sont des lieux de mystique et de mémoire.

Certains reçoivent toujours un grand nombre de visites [ ]. Sur commissions rogatoires délivrées par des juges d'instruction après octobre sont restées "inexécutées". L'équipe de chercheurs et de témoins de la Guerre d'Algérie vient de publier, sous l'égide du service historique de l'armée de terre SHAT , une étude d'un millier de pages, annoncée le 4 février par "Le Monde".

Cette étude révèle que des mises en garde contre l'usage de la torture en Algérie ont été lancées dès soit cinq avant avant le déclenchement "officiel" de la Guerre d'Algérie, mais quatre ans après les affrontements de Sétif, qui ont marqué le début du mouvement insurrectionnel de libération.

Le plus haut repésentant français en Algérie, le Gouverneur Marcel-Edmond Naegelen, a adressé le 21 octobre une circulaire aux préfets, demandant "de s'abstenir de toute violence superflue et de sévices ultérieurs" et se déclarant "fermement décidé à punir avec la plus extrême rigueur" les fonctionnaires et leurs supérieurs, auteurs ou complices de ces sévices.

Moins de trois ans plus tard, son successeur, le Gouverneur général Roger Léonard, adressait lui aussi une circulaire aux préfets demandant "de ne jamais laisser la bride à des actes de vengeance individuelle ou collective". Ces recommandations, qui témoignent de ce que l'usage de la torture était déjà une réalité, et qu'elle était connue des plus hautes autorités françaises en Algérie et donc très probablement des gouvernements en place , n'ont évidemment pas été suivies d'effets, et la torture a été ensuite pratiquée plus ou moins systématiquement et à plus une moins grande échelle selon les régions, les services de police ou les unités militaires.

Aucune donnée chiffrée crédible n'a jamais été publiée officiellement quant à l'étendue de ces pratiques -ceux qui les dénonçaient étant quant à eux poursuivis sous divers prétextes par les autorités policières, judiciaires ou politiques françaises, qui niaient l'usage de la torture ou l'imputaient à des "défaillances individuelles".

En le général Massu, qui avait mené la "Bataille d'Alger" avec sous ses ordres non seulement l'armée, mais également la police et la gendarmerie, avait finalement reconnu avoir usé de la torture ce que tout le monde savait , mais l'avait justifiée comme un "moindre mal" nécessaire pour obtenir des informations afin de prévenir des actes "terroristes".

La juge d'instruction Laurence Le Vert a clôs le 5 février son information ouverte en octobre et ordonné le renvoi devant le Tribunal Correctionnel des principaux acteurs supposés de cette vague d'attentats, qui avait fait neuf morts et blessés.

L'information avait été ouverte quelques semaines après que Khaled Kelkal, impliqué dans plusieurs attentats, ait été abattu par la gendarmerie, le 29 septembre , dans la région lyonnaise.

Son compagnon, Karim Moussa, avait été blessé et arrêté. Il fait partie des 24 prévenus, et est en outre accusé de "tetnatives de meurtres sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Sont également prévenus, Boualem Bensaïd, accusé d'être le chef opérationnel du réseau islamiste et le coordinateur des commandos de Paris, Lyon et Lille, et Rachid Ramda, détenu à Londres et accusé d'être le financier du réseau et le commanditaire des attentats.

Son extradition n'a pas encore été obtenue par la France. Enfin, celui que la justice française considérait comme le responsables des réseaux islamistes démantelés, Aït Touchent, dit "Tarek", aurait été abattu en mai par les forces de sécurité à Alger.

Une enquête a été ouverte par le Procureur de Créteil, qui a cependant estimé qu'"il serait hasardeux pour le moment de faire un lieu entre ces ossements Les journalistes ont été alertés par les dires d'un ancien policier qui a déclaré avoir participé à une "opération spéciale" à Créteil le 18 octobre , consistant à déposer des corps d'Algériens dans un terrain vague.

Selon ces dires, rapportés de façon indirecte, "des camions de la police ont débarqué sur un terrain vague, ou une décharge, de Créteil, un monceau de cadavres d'Algériens tués lors de la manifestation ou juste après".

Les journalistes ont rassemblé des restes humains qui pourraient être ceux de sept personnes. Les corps de nombreux Algériens massacrés le 17 octobre par la police parisienne sous les ordres de Maurice Papon, n'ont jamais été retrouvés.

Le bilan officiel du massacre n'était que de sept morts, celui évoqué par le rapport remis en mai par le Conseiller d'Etat Mandelkern parle de "plusieurs dizaines de morts", certaines évaluations évoquent de à morts.

Deux anciens policiers, un prêtre, un ancien responsable du FLN et l'historien et résistant Pierre Vidal-Naquet, ont témoigné de ce que Maurice Papon était parfaitement au courant de la violence de la répression et n'a rien fait pour "arrêter ce massacre", selon les mots d'un ancien policier.

Un prêtre affirme avoir vu "neuf corps d'hommes dans un placard à balais". Pierre Vidal-Naquet a affirmé être prêt à "contresigner" ce que Jean-Luc Einaudi a écrit la phrase incriminée par Papon est: Ali Haroun, ancien responsable de la Fédération de France du FLN, a rappelé que la manifestation algérienne était pacifique et que sur les 11' personnes interpellées par la police, aucune ne détenait d'arme, "pas même un canif".

Enfin, la conservatrice des archives judiciaires de Paris a constaté que les victimes du 17 octobre avaient été "en majorité noyées" et portaient des traces de balles, de strangulation ou de mains liées, et que affaires avaient été classées "sans suite" de septembre à décembre Le 12 février, le substitut du procureur a requis une "peine de principe" contre Jean-Luc Einaudi, à qui il a reproché de ne pas s'êtr contenté de dire que la répression du 17 octobre avait été menée "sous la responsabilité" de Maurice Papon, mais "sous ses ordres".

Le substitut Vincent Lesclous reconnaît toutefois à l'historien le droit d'employer le terme de "massacre" et celui de l'attribuer aux "forces de l'ordre", et reconnaît qu'il y a eu "un grand nombre de pauvres morts", mais considère que Maurice Papon n'est "ni le premier, ni le seul responsable" de ce qui s'est passé, et qui est du "à une houle de haine qui a subergé les hommes sur le terrain" sans "malheureusement" qu'il y ait pour cela "besoin ce soit-là ni d'ordres, ni d'instructions".

Le représentant du Ministère public rend responsable du massacre "les meurtriers, ceux qui ont vu jaillir le sang sous leurs coups" mais aussi les cadres intermédiaires de la police "qui étaient sur les lieux, n'ont pas arrêté les tueurs, pas dénoncé leurs actes".

Cette reconnaissance quasi-officielle, sinon d'un massacre, du moins de la légitimité de formuler l'hypothèse d'un massacre, tranche évidemment avec le plaidoyer de l'avocat de Maurice Papon, qui a réfuté l'idée d'un massacre "on l'aurait su" et justifié la répression par la nécessité de "démanteler le FLN" et de "libérer Paris de la peur à un prix lourd, mais peut-être nécessaire". Quant à l'avocat de Jean-Luc Einaudi, il a insisté sur la "responsabilité" de Maurice Papon qu'il a au passage qualifié de "menteur, bluffeur et négationniste" dans la répression, car "un préfet, c'est le chef Ces policiers républicains révélaient ou confirmaient que des Algériens étaient "systématiquement brutalisés" dans les commissariats, certains "aspergés d'essence et brûlés par morceau", d'autres livrés à d'"horribles tortures".

Les enquêteurs ont effectivement retrouvé sur place des débris d'ossements humaine et n'excluent aucune hypothèse quant à leur origine. Les ossements et les débrus découverts dans le terrain vague ont été envoyée à l'Institut médico-légal de Paris pour analyse.

Une source judiciaire a suggéré que les ossements découverts pouvaient provenir d'un cimetière, le terrain vague où ils ont été découverts n'existant pas avant , et ayant été créé en comblant des bassins de rétention d'eaux usées avec de la terre provenant d'un cimetière parisien. Lors de l'audience, Brigitte Laine avait relevé que dossiers d'instruction concernant personnes avaient été ouverts de septembre à décembre Pour l'administration, il s'agit d'un manquement au devoir de réserve.

Pour Jean-Luc Einaudi, il s'agit d'un "acte de courage civique", face auquel les menaces de sanction frappant la conservatrice que la Ville de Paris menace de suspendre sont "une opération dérisoire et lamentable visant à maintenir le couvercle sur cette remontrée de vérité historique", d'autant que Brigitte Laine n'a pas communiqué de dossiers ou d'archives à la barre. Le MRAP Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a lancé le 25 février une pétition en faveur de Brigitte Laîné et de son collègue Philippe Grand, objet tous deux d'une procédure disciplinaire et de menaces de suspension.

Ce chiffre, en deçà des espérances des organisateurs, fait néanmoins de cette manifestation la mobilisation la plus large et la plus unitaire réalisée en France à propos de l'Algérie depuis 35 ans. De nombreux artistes et intellectuels français se sont joints à cette journée, à l'image d'Isabelle Adjani qui dans "Le Figaro" interpelle le gouvernement français: Vous, les membres du gouvernement, qui avez été choisis pour mener des actions politiques, nous vous demandons de faire votre travail, tout de suite, pour en finir avec cette barbarie envers des êtres sans défense".

Robert Ménard, président de Reports sans frontières, s'est interrogé sur les responsabilités du pouvoir: Ce ne sont pas seulement les islamistes qui tuent". Les manifestations françaises de solidarité avec l'Algérie du 10 novembre ont suscité cependant cette réaction désabusée de Salima Ghezali, rédacrice en chef de "La Nation", qui déclare dans le "Nouveau Quotidien" de Lausanne: Ce qui leur importe, c'est qu'on soit laïque et féministe à souhait. Si les rencontres d'aujourd'hui font évoluer un peu cette perception, pourquoi pas?

Le gouvernement français a exprimé le 10 novembre son soutien aux manifestations d'"un jour pour l'Algérie". Ces manifestations apportent "le témoignage opportun de la solidarité de la société française" avec la société algérienne, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Anne Gazeau-Secret, qui a ajouté, sans se prononcer explicitement sur la proposition de créer une commission d'enquête en Algérie, "qu'à l'évidence, la communauté internationale a besoin de savoir ce qui se passe" dans ce pays et a plaidé pour une "information transparente, ce qui suppose le libre exercice par la presse, y compris étrangère, de son métier" en Algérie.

La porte-parole du gouvernement et ministre de la Culture Catherine Trautmann a qualifié les manifestations d'"initiative très forte" traduisant "l'émotion et la solidarité des Français à l'égard du peuple algérien".

Par ailleurs, la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française, présidée par le socialiste Jack Lang, a lancé des auditions de représentants des organisations de droits de l'Homme sur la situation de l'Algérie. La télévision d'Etat et les radios publiques ont fait l'impasse sur l'évènement, dont la presse écrite a pour sa part rendu compte avec beaucoup de prudence.

La presse gouvernementale a dénoncé "les campagnes médiatiques arabo-européennes" "El Moudjahid". Constatant que "chaque jour, d'Algérie, les informations font état d'assassinats, d'attentats, de massacres", la Cimade, la Fondation France-Libertés, le Comité catholique contre la faim et pour le développement CCFD et l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture ACAT réclament un "moratoire" des expulsions et des reconduites à la frontière: On ne renvoie personne contre son gré dans un pays ravagé par la violence, quel que soit le motif".

Plus précisément, Lionel Jospin a affirmé que la France entendait rester une terre de refuge et d'asile et annoncé que son gouvernement allait élargir sa politique d'octroi de visas à des ressortissants algériens et à rouvrir des consulats de France en Algérie. Une autre délégation patronale française suivra au début du mois de mai, à l'initiative de la Chambre française de commerce en Algérie.

Le développement du commerce entre les deux pays serait actuellement freiné par le niveau élevé des primes d'assurances exigées par l'organisme public français d'assurance-crédit, la COFACE, qui classe l'Algérie dans la catégorie des pays à "risque maximum".

Les autorités algériennes réclament d'être mieux ou moins mal notées par la COFACE, demande soutenue par le ministère français des Affaires étrangères mais semble-t-il combattue par celui des Finances -autorité de tutelle de la COFACE, et de paiement des éventuels sinistres financiers. L'Algérie est également demandeuse d'investissements directs, alors que les entreprises françaises présentes en Algérie sont rares sauf dans le secteur pétrolier, celui des médicaments et le secteur bancaire.

Pour le ministre, la COFACE devrait "réviser ses règles dans le sens d'une redynamisation de la coopération", le marché algérien recelant "de réelles opportunités que les entreprises françaises doivent exploiter". Il a salué l'"énorme effort" de restructuration "en profondeur de l'économie" et a affirmé que l'Algérie répondait "à tous les critères" pour l'investissement international, ajoutant qu'"il n'y a pas de pays à deux heures d'avion de Paris qui offre autant d'opportunités et de possibilités que l'Algérie".

D'autres membres de la délégation patronale française ont abondé dans ce sens, notamment la banquière Gilberte Beaux. François Perigot a confirmé la tenue en juin prochain à Paris de deux journés d'études sur l'Algérie, en présence de représentants des milieux économiques français et algériens.

Le président du CNPF-International a souligné l'urgence d'un changement dans l'appréciation du "risque Algérie" par l'organisme public français d'assurance pour les investissements extérieurs, la COFACE, et a demandé qu'il soit mis fin aux difficultés d'obtention de visas français pour les opérateurs économiques algériens. Jack Lang, a démenté le 6 avril les propos que lui prêtaient le 4 avril le journal algérien "Saout el Ahrar", l'agence officielle APS et l'agence Reuter: En France, ces manifestations, intitulées "Lumières pour l'Algérie", appelaient à une "prise de conscience" de la communauté internationale, dénonçaient "les massacres barbares insupportables perpétrés par les terroristes, les racketteurs, les intégristes et notamment les GIA" et adressaient cinq requêtes au gouvernement algérien: Les manifestants demandaient également aux gouvernements européens de faciliter la délivrance de visas et de cartes d'asile territorial "pour ceux des Algériens qui le demande", de suspendre les mesures d'expulsion de personnes en danger et de "mettre en oeuvre un grand mouvement d'échange et d'aide en France et en Europe" avec l'Algérie.

En revanche, la demande de création d'une commission d'enquête internationale sur les massacres, réclamés par les organisations internationales de défense des droits de l'Homme et plusieurs partis algériens d'opposition, ne figuraient pas dans l'appel à manifester, du fait des divergences à ce sujet entre les organisateurs.

Tous ont été scolarisés en France, où la plupart sont nés. Tous sont mariés ou vivent en couple avec des Françaises. Tous ont des enfants. Tous ont 30 à 40 ans. Condamnés en France pour des délits qu'ils y ont commis, et ayant purgé leurs peines, ils demandent l'abrogation de la "double peine" l'ajout de l'expulsion à la peine de prison et souhaitent pouvoir bénéficier d'une disposition de l'ordonnance de qui interdit l'expulsion des étrangers résidant en France depuis plus de 15 ans ou depuis l'âge de 6 ans, ou qui sont parent d'un enfant français, ou mariés depuis plus d'un an avec un e Française.

Soutenus par la CIMADE, ils reprennent un mouvement qui avait abouti à une première grève de la faim en décembre , interrompue sur la promesse d'une réouverture des dossiers -promesse non tenue. L'un d'eux, épuisé par la grève de la faim, a été hospitalisé le 30 avril. Les jALB estiment à plus de 20' le nombre des personnes en situation de "double peine" en France. Les manifestants se sont heurtés aux forces de police, qui les ont empêché de dresser une tente sur l'esplanade des Invalides.

Le collectif demande au gouvernement français de prendre "enfin les mesures qui permettront à la communauté harkie, partie intégrante de la communauté nationale, de s'y intégrer socialement" et souhaite organiser une fois par semaine des manifestations de 36 minutes, pour symboliser les "36 années d'oubli" des harkis. Dans un premier temps, la commission avait refusé l'asile politique au requérant, mais cette décision avait été annulée par le Conseil d'Etat. Dans un communiqué annonçant sa décision, la Commission relève que "l'intéressé avait été exposé dans son pays à des menaces et des sévices du fait de proches appartenant aux milieux islamistes fondamentalistes" et a été "victimes de violences sexuelles dans les services de police auxquels il s'est adressé".

Le ministère de la Culture et de la communication a indiqué à BHL au début du mois de mai que l'autorisation de tournage qu'il avait obtenu le 4 avril pour un film intitulé "Pour l'Algérie" retraçant l'itinéraire d'un islamiste armé, était annulée. Aucun motif n'a été donné à cette annulation. Plusieurs membres de l'équipe s'étaient auparavant vu refuser un visa pour l'Algérie.

Bernard-Henri Lévy émet l'hypothèse que certaines franges du pouvoir "préfèrent passer pour des assassins que pour des incompétents". Le MRAP rappelle que "c'est en France qu'est enracinée leur vie privée et familiale" et qu'"il n'est ni exact ni juste de ne voir en eux que de simples "étrangers".

Le Mrap demande donc que "des solutions justes et durables" soient trouvées pour résoudre le problème de la "double peine", et demande "la régularisation immédiate et définitive des grévistes de la faim de Lyon" et l'organisation "rapide d'une table-ronde sur les moyens d'en finir avec la "double peine".

Tous les prévenus sont algériens ou d'origine algérienne et comparaissent libres à l'exception de deux d'entre eux sous l'inculpation de "participation à une association de malfaiteurs terroristes".

Ils nient toute appartenance à un mouvement islamiste violent, l'accusation ne leur impute aucune action terroriste, aucune arme n'a été retrouvée sur eux ou chez eux. Ils ont été arrêtés entre et dans les régions parisienne et lyonnaise. Le principal accusé est un Algérien de 29 ans, Djamel Tehari. Les trois personnes interpellées, dont les noms étaient apparus lors de l'enquête suivant les arrestations du 26 mai, ont été placées en garde à vue et inculpées le 5 juin d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

Ils auraient été en contact avec des personnes soupçonnées d'avoir entrepris la constitution d'un réseau de soutien logistique aux GIA de Hassan Hattab, et l'un des trois inculpés aurait été "sollicité" pour participer à un projet d'attentat contre le Recteur de la Mosquée de Paris. Succédant à la tête de la Mosquée à deux diplomates algériens Cheikh Abbas et Tedjini Haddam , Danil Boubakeur, de nationalité française et lui-même fils d'un Recteur de la Mosquée, "n'a jamais été en mesure de rompre le lien ombilical avec l'Algérie, à qui son père, en , avait cédé le contrôle de la Mosquée", écrit Henri Tincq dans "Le Monde".

Des "fonctionnaires" de la Mosquée et une cinquantaine d'imams rattachés à elle et exerçant dans toute la France sont toujours "détachés" à son service par le gouvernement algérien, qui participe pour moitié à son financement.

Les tentatives d'organisation de la communauté musulmane française par la mosquée de la capitale ou son Recteur s'en sont trouvées fragilisées: Arrêtés en et à Paris, ils sont accusés de trafic d'armes et de faux documents. Ils comparaissaient libres, à deux exceptions près.

Aucune action terroriste ne leur est imputée, et aucune arme n'a été retrouvée en leur possession. La peine la plus forte 5 ans de prison a été requise contre Djamel Tehari, qui nie les faits qui lui sont reprochés achat d'armes et de matériels de guerre. Neuf suspects ont été arrêtés en région parisienne et en province. Ils seraient en relation avec un islamiste arrêté le 26 mai à Cologne Allemagne lors de la grande opération policière européenne, Omar Saïki.

Deux des personnes arrêtées, Mourad Mahdani et Tahir Othmani, de nationalité algérienne, ont été mises en examen et écrouées le 12 juin à Paris pour leur participation supposée à une association de malfaiteurs terroristes et recel de faux documents administratifs. Les sept autres personnes arrêtées en même temps qu'eux ont été remises en liberté.

L'ambassadeur accuse le journal de s'être fondé sur "des rumeurs, des ragots et des hypothèses fantaisistes" pour s'attaquer "une nouvelle fois à l'Algérie et à ses institutions". L'ambassadeur accuse "ceux-là même qui, à partir de Rome, tenaient à réhabiliter politiquement l'intégrisme armé", d'avoir "soufflé en partie les ingrédients pour le montage de cette hypothèse".

L'ambassadeur affirme que Mgr Claverie l'évêque d'Oran "était l'un des soutiens les plus crédibles tant sur la scène politique nationale qu'internationale, comme dans les milieux écclésiastiques" du pouvoir algérien, et que c'était à ce titre qu'il était "menacé de mort par le GIA".

L'appel engage les signataires à refuser "fermement que les sociétés de transport, quelles qu'elles soient, collaborent aux expulsions des personnes sans papiers" et réclame l'arrêt des expulsions et le retour des expulsé e s en France, la régularisation des sans-papiers, leur libre installation et leur libre circulation en France, l'abrogation de toutes les lois racistes, la fermeture de tous les centres de rétention, l'abolition de la double peine et la libération de toutes les personnes détenues pour défaut de papiers.

L'arrêt des renvois forcés d'Algériens à partir de la France et des pays d'Europe;. L'instauration d'une politique libérale de délivrance des visas par la France et par les pays d'Europe, en particulier la multiplication des visas de circulation plusieurs séjours de moins de trois mois autorisés dans l'année à ceux qui, sans aspirer à une installation à l'étranger, ont besoin d'un moment de repos, d'une protection temporaire ou de rencontres familiales;.

La fin des refoulements des Algériens aux frontières de la France et de l'Europe;. Un large accès à l'asile territorial pour les Algériens qui en font la demande;. Le bénéfice des dispositions favorables de la loi Chevènement, notamment toutes celles qui permettent des régularisations art. Des procédures simples et rapides d'obtention de documents d'état civil et de renouvellement pour les Français vivant en Algérie, qui sont très souvent placés dans l'incapacité de se faire établir cartes d'identité, passeports ou certificats de nationalité, alors que c'est leur droit.

POUR Le nombre de jeunes franco-algériens double-nationaux vivant en France et ayant choisi de faire leur service militaire en Algérie est passé de en à dix ans plus tard. Le président Jacques Chirac, en voyage en Afrique du Sud, a déclaré avoir appris "avec consternation et une très grande tristesse" la nouvelle du "lâche assassinat" d'un homme "qui portait haut et fort la voix de l'Algérie, une très belle voix". Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé la "violence terroriste qui endeuille une fois de plus l'Algérie".

Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, a exprimé la "tristesse" et la "consternation" des socialistes français et rendu hommage au "message d'espoir et de refus de l'intolérance". Plus de personnes se sont rassemblées à Paris, place de la République, le 28 juin à l'appel de l'Association de la culture berbère, qui a dénoncé "la violence des islamistes et celle du pouvoir". Une autre manifestation le même jour place du Trocadéro, à l'appel des organisations de défense des droits de l'Homme, des syndicats et des partis de gauche, a réuni plusieurs centaines de personnes.

Plusieurs centaines de personnes se sont également rassemblées à Marseille. Plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Nantes et Toulouse le 2 juillet et à Paris le 5 juillet pour rendre hommage à Matoub Lounès et protester contre la loi de généralisation de l'arabisation.

Des artistes et des personnalités se sont succédés le 18 juillet à Paris pour rendre hommage à Matoub Lounès, assassiné le 25 juin, et s'associer, selon les mots de sa soeur Malika, à son "combat contre un monstre à deux têtes, l'intégrisme assassin et le pouvoir qui l'a engendré". Des messages de sympathie, dont ceux de Smaïn et de Danielle Mitterrand, ont été adressés aux participants à la soirée, qui a réuni des milliers de personnes au Zénith.

Une première série d'instructions données en ont permis de faire légèrement remonter le nombre des visas accordés 57', soit 10' de plus en un an , et les ' visas devraient être atteints en , mais le gouvernement estime encore ce chiffre insuffisant. Sans pour autant décider de rouvrir les consultats français d'Algérie, fermée en pour raisons de sécurité, et tout en continuant à centraliser la plupart des demandes au bureau des visas Algérie de Nantes BVA , le gouvernement français a décidé d'affecter de nouveaux fonctionnaires au BVA pour mieux traiter, et plus vite, les demandes, d'aggrandir les services consulaires de l'ambassade d'Alger et de délivrer à Alger même certains visas pour les scientifiques, hommes d'affaires, intellectuels et parents de ressortissants français.

Trois accusés, anciens enseignants de Lyon, présentés par l'accusation comme les têtes pensantes du groupe, ont été relaxés. Les condamnés se voyaient reprocher un trafic d'armes et de faux documents et comparaissaient libres, à l'exception de deux d'entre eux, dont Djamel Tehari, condamné à la plus lourde peine 5 ans fermes.

Les condamnations ont été assorties d'interduiction définitive ou temporaire du territoire français. La déléàgation sera conduite par le socialiste François Loncle et comprendra cinq autres députés représentant les différents groupes parlementaires.

Elle s'entretiendra notamment avec le ministre algérien des Affaires étrangères, le Président et les membres de la Commission des Relations extérieures de l'Assemblée algérienne et des responsables des groupes parlementaires de l'Assemblée. Elle rencontrera également des représentants des "principaux secteurs économiques, des responsables syndicatx et des présidents d'associations" et se rendra à Blida et Annaba outre Alger. Un groupe d'environ enfants a été bloqué le 19 juiller au port d'Alger et empêché d'embarquer à destination de la France, les services de police refusant leur sortie du territoire.

L'association familiale "El Azhar", organisatrice du voyage d'une partie de ces enfants, n'avait pas été informée de ce refus de les laisser quitter l'Algérie. Le Secours Populaire Français, qui a invité un millier d'enfants algériens à des vacances dc'été en France, a adressé une lettre au président Zéroual pour lui faire part de son "étonnement que enfants soient privés de vacances".

Une circulaire interministérielle algérienne de interdit l'envoi à l'étranger d'enfants algériens victimes du terrorisme, et cette interdiction aurait été étendue aux autres enfants, ceux empêchés de partir le 19 juillet ne faisant pas partie de cette catégorie. Le socialiste François Loncle, qui conduisait la délégation, a constaté qu'"en Algérie, les choses bougent, évoluent" mais que "rien n'est simple" et que "tout manichéisme ou toute caricature est une faute contre la vérité".

Le maire de Vaulx en Velin, Maurice Charrier, entend également "marquer la reconnaissance de Vaulx en Velin pour la contibution des Algériens au développement de la ville".

Les jumelages entre villes françaises et algériennes sont devenus très rares depuis Celui-ci était en projet depuis Selon son animateur, Simon Blumenthal, "il ne s'agit ni d'unparti, ni d'un mouvement", mais d'un "courant de solidarité" où s'exprime "fortement" le besoin d'"organiser des initiatives à caractère national". Les collectifs de solidarité sont néanmoins "autonomes les uns des autres" et leurs membres "défendent des options diverses", tout en condamnant tous "l'intégrisme et ses violences".

La coordination nationale entre eux reste "embryonnaire", mais devrait se développer. Pour Simon Blumenthal, "toutes les actions de solidarité qui se déroulent en France contribuent à sortir les Algériens de leur isolement" et confortent "d'une façon plus importante que l'on ne croit la résistance du peuple à l'islamisme". Simon Blumenthal ajoute que "l'idéologie intégriste existe à l'intérieur même du système" algérien, et qu'il y a des "passerelles" entre les GIA et "les islamistes du pouvoir" -que les "assassinats de certains intellectuels, hommes politique sou journalistes ont parfaitement arrangé".

Les "expulsés" se sont vu proposer de retourner en Algérie, ce qu'ils ont refusé, chacun y ayant perdu un proche parent.

Leur famille, elle, est restée en France. Les deux tiers des avocats de la défense ont annoncé leur intention de ne pas participer à la séance d'ouverture pour protester contre la "justice d'exception" que constitue selon eux ce procès, le tribunal correctionnel de Paris devant siéger pendant deux mois dans un gymnase de l'administration pénitenciaire.

Le procès concerne des Algériens ou des Français d'origine algérienne, arrêtés entre et , principalement dans la région parisienne. Ils sont soupçonnés d'avoir animé des réseaux de soutien et d'approvisionnement en armes des maquis algériens et risquent jusqu'à dix ans de prison pour "association de malfaiteurs terroristes", détention illégale d'armes et de faux papiers ou infraction à la législation sur les étrangers.

Aucun des prévenus n'est incriminé pour des actes terroristes commis en France. Selon l'accusation, le "réseau Chalabi" était structuré en trois groupes, l'un animé par Mohammed Chalabi, s'appuyant sur l'Association éducative des musulmans de France et servant essentiellement à la formation des militants et à l'approvisionnement en armes, le deuxième animé par Mourad Tacine, implanté dans le 10ème arrondissement de Paris et spécialisé dans l'hébergement et la confection de faux-papiers, et le troisième dirigé par Mohammed Kerrouche, basé dans le 18ème arrondissement de Paris, chargé des achats et du financement.

Ce réseau aurait eu des liens avec des groupes islamistes implantés en Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Italie et Pays-Bas, et aurait été dirigé depuis l'Algérie par Mohammed Kerrouche. La plupart des accusés nient tout lien avec l'islamisme militant et 34 personnes initialement poursuivies dans le cadre de cette affaire ont déjà bénéficé d'un non-lieu. Seuls 25 prévenus comparaissent détenus. Le bâtonnier de Paris, Dominique de la Garanderie, s'est inquiétée des "conditions d'organisations de ce procès", rendu possible par un texte de loi "sur mesures" voté le 29 décembre pour permettre la tenue d'audiences antiterroristes hors du Palais de Justice de Paris.

L'avocat de Mohammed Chalabi, Me Pierre Haïk, considère pour sa part qu'"on a privilégié l'effet spectaculaire au mépris des droits de la défense Le Tribunal sera présidé par le juge Bruno Steinmann, l'accusation sera assurée par le substitut Bernard Fos. Cette première journée a été marquée par une ambiance chaotique, les contestations de la Défense et l'insoumission des détenus.

Quatre des 27 prévenus détenus ont refusé de quitter leur maison d'arrêt pour se rendre au procès, dont Mohammed Kerrouche, accusé d'être le chef et l'idéologue du réseau. D'entre ceux qui ont accepté de venir à l'audience, certains ont refusé d'être défendus par leurs avocats, d'autres ont réclamé des avocats d'office, d'autres encore, n'ayant pas reçu de citation à comparaître, ont récusé le tribunal. Au nom des avocats, Me Jean-Jacques de Felice a évoqué "une mascarade, une imposture, une unjustice absolue" et réclamé le renvoi d'un procès que les avocats n'acceptent pas de "cautionner" et lors duquel ils refusent d'être des "avocats alibis" -sur quoi 70 avocats quittent la salle, suivis d'une centaine de prévenus libres.

Le tribunal a renvoyé la demande de renvoi du procès. La deuxième journée du procès, le 2 septembre, s'est déroulés plus paisiblement, mais dans une salle à moitié vide, avec seulement quatre avocats de la défense. Onze autres avocats ont annoncé qu'ils allaient faire appel du maintien en détention de leurs clients. D'autres vont déposer des requêtes en suspicion légitime au motif que le tribunal serait dans l'impossibilité de rendre une "justice impartiale".

Le syndicat de la Magistrature proteste à son tour contre "les procès de masse", qu'il qualifie d'"aberration Des dénonciations de violences policières ont été transmises au tribunal. Quelques cas individuels ont pu être examinés par le tribunal, dont celui d'Ismaïl Debboub, qui admet être membre du FIS mais nie l'être du GIA, et affirme qu'il a été recruté par la Sécurité militaire algérienne pour "faire des contrats en France" et "engager d'autres truands". Seuls deux avocats, une trentaine de prévenus libres et trois prévenus détenus étaient pésents à l'ouverture de l'audience.

Le tribunal a malgré tout examiné les charges pesant sur trois prévenus, lesquels étaient absents ainsi que leurs avocats. Le procès devrait durer jusqu'à fin octobre, s'il n'est pas interrompu. Les avocats réclament "l'arrêt de ce procès inéquitable et honteux, indigne d'un Etat démocratique" et "artificiellement construit dans le seul but de mettre en scène une justice spectacle".

L'ouverture en France du procès des présumés islamistes du "réseau Chalabi" n'a donné lieu à aucune réaction officielle algérienne, et n'a suscité que peu de commentaires dans la presse algéroise. Martin Hoftstter a admis la tentative, mais a affirmé ignorer que les armes étaient destinées aux islamistes algériens.

Onze des 70 avocats de la défense ont fait appel de la décision du président Steinmann de refuser la mise en liberté provisoire des détenus. Une quarantaine de rcours devant la Commission européenne des droits de l'Homme ont été déposés par l'avocat Alain Minkowski. La requête en "suspicion légitime" contre le tribunal a été déposée par 64 prévenus. La pétition avait déjà recueilli une soixantaine de signatures le 8 septembre.

Parmi les premiers signataires: La pétition, soutenue par SOS-Racisme et le Syndicat de la magistrature, dénonce les conditions du procès, "qui ne respectent ni le principe fondateur de la personnalisation des poursuites, ni le droit à un procès équitable, ni les droits de la défense", et ses signataires s'opposent "à la tenue de tels procès de masse et demandent que tout accusé soit jugé dans le respect des principes élémentaires" de l'"Etat de droit".

Pendant tout ce temps, les avocats ont eu le loisir de déposer des demandes d'actes ou d'annulation de la procédure" a déclaré le juge, qui a également estimé, concernant le choix d'un gymnase de l'administration pénitentiaire comme salle d'audience, qu'en "choisissant un lieu dont la symbolique ne pouvait échapper à personne, on a introduit Le procès doit durer jusqu'à fin octobre.

Il s'est résumé, depuis le départ des avocats et le refus de la plupart des prévenus de comparaître, à la lecture du dossier dans une salle vide par le président Bruno Steinmann. Mohamed Chalabi et ses co-prévenus sont suspectés d'avoir implanté en France des réseaux de soutien logistique aux maquis algériens.

Ils encourent dix ans de prison au maximum pour association de malfaiteurs terroriste. Sur la trentaine de cas examinés du 13 au 19 septembre, les deux tiers l'ont été en l'absence des prévenus et des avocats et la plupart des cas examinés prillent par leur caractère "pitoyable", écrit la journaliste de "Libération" Florence Aubenas: Les audiences ont tout de même permis d'apprendre que les enquêteurs français avaient transmis à leurs collègues algériens les éléments qu'ils avaient rassemblés.

Le Procureur a demandé "solennellement" aux avocats de venir plaider et a averti que "le refus d'être défendu et de défendre ne saurait paralyser le déroulement d'un procès pénal Il a demandé une suspension d'une journée du procès pour que son appel soit examiné par les avocats de la défense. Le tribunal a accepté cette demande. Le Procureur a réfuté la dénonciation par la défense du "procès Chalabi" comme "procès de masse" à la "localisation inadéquate" rendant la défense impossible.

Après le réquisitoire, une dizaine d'avocats sur les soixante concernés par le procès devraient plaider, les autres boycottant les audiences. Le 16 octobre, le substitut Fos a requis dix ans d'emprisonnement la peine maximum à l'encontre des chefs présumés du réseau, Mohamed Chalabi, Mohamed Kerrouche et Mourad Tacine, ainsi que contre Nourredine Talhadjt.

L'accusateur a demandé leur maintien en détention ainsi, ainsi que pour vingt autres prévenus, et une interdiction définitive du territoire à l'encontre de 86 des prévenus. Les peines requises contre les prévenus autres que les quatre "chefs" varient de quatre mois avec sursis à huit ans d'emprisonnement.

Parmi les prévenus "auto-défendus" le 26 octobre figurait une Française, fonctionnaire, renvoyée devant le tribunal sur la seule charge d'avoir accepté la sous-location de son appartement parisien à l'un des chefs du réseau, Mourad Tacine -ce pour quoi elle a purgé quatre mois de détention provisoire et se retrouve jugée pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", accusation sur la base de laquelle le substitut du procureur a requis quatre mois de prison avec sursis.

Lors de son "auto-plaidoirie", la prévenue, qui s'affirme chrétienne, a dénoncé les amalgames de l'instruction, "les rafles, les enquêtes bâclées, les soupçons systématiques", toutes choses "graves pour l'image de la démocratie". Le Tribunal a annoncé qu'il rendrait sa décision le 22 janvier La peine maximale de 10 ans de prison a été requises contre les chefs présumés du réseau, Mohamed Kerrouche, Mohamed Chalabi, Mourad Tacine et Nourredine Talhadjt.

Les autres peines requises vont de quatre mois de prison avec sursis à 8 ans de prison ferme. Des interdiction définitive du territoire ont été réclamées contre les deux tiers des accusés. Les peines dmandées couvrent souvent les périodes de détention provisoire déjà purgées.

Mohhamed Kerrouche a affirmé que son "seul et unique tort est d'être condamné à mort par la junte militaire algérienne" et qu'il était accusé non pour ce qu'il avait fait, mais pour ce qu'il étzait. Mourad Tacine a nié toute appartenance à la mouvance islamiste. Seuls 27 des prévenus comparaissaient détenus, mais presque tous les accusés ont purgé des périodes parfois longues de détention provisoire. Créée en à la demande du président Mitterrand, parraînée par l'islamologue Jacques Berque, l'émission a été supprimée et sera remplacée probablement par une émission appelée "Vivre l'islam" et produite par une association portant le même non, constituée à l'initiative du ministère de l'Intérieur.

L'émission supprimée semble résumer, écrit dans "Le Monde" Henri Tincq, "tous les maux de l'islam en France: L'émission était parraînée par une association dont Zine Bentabed, 89 ans, avait été nommé président à vie. Bentabed n'a accepté de démissionner qu'après la décision du ministère de l'Intérieur de supprimer l'émission. Il avait pendant longtemps bénéficié de protections politiques françaises, de gauche Georges Dayan, ami de François Mitterrand et natif d'Oran, comme Bentabed, ou Maurice Benassayag, ancien délégué du PS aux rapatriés d'Algérie ou de droite comme André Damien, conseiller de Charles Pasqua.

Il avait littéralement "vendu" son émission en tout en en restant théoriquement le "parrain" à un homme d'affaire algérien, Abdelaziz Tolbi, qui en était devenu le producteur exécutif et s'en servait à des fins personnelles pour renforcer sa position face aux autorités des pays du Golfe avec lesquels il négociait la production d'émissions télévisées pour les enfants, pour diffuser des reportages promotionnels sur les pays du Golfe ou des librairies islamiques, pour y faire "passer" ses amis notamment le colonel Hocine Senoussi, ancien attaché militaire algérien en Irak reconverti dans les affaires et impliqué dans plusieurs scandales financiers, ou l'ancien ministre algérien de l'Intérieur Abdelmajid Meziane, parent du précédent et candidat à la direction de la Mosquée de Paris.

Pour se "débarrasser" de "Connaître l'islam", la chaîne de télévision a du accorder au producteur exécutif environ 4,5 millions de FF. Ce long cafouillage illustre la faiblesse de la représentation institutionnelle de l'islam en France, deuxième religion du pays mais seule communauté religieuse importante à n'avoir pas réussi à se doter d'institutions représentatives, alors que toutes les communautés chrétiennes, la communauté juive, la communauté bouddhiste et les plus petites communautés religieuses disposent d'autorités reconnues.

Simone Veil a rendu hommage aux femmes algériennes et souhaité qu'elles constituent "une force" pour "soutenir un candidat" lors des prochaines élections présidentielles. Aucune charge n'a été retenue contre ces quatre Algériens et ce Marocain, qui avaient occupé par le passé différentes fonctions au sein de la mosquée de Paris. Le 28 mai dernier, Mahjoub Bentebria, 44 ans, directeur de l'administration générale de la mosquée de Paris, avait été surpris dans le parking souterrain de son immeuble du 13e arrondissement par deux hommes.

L'un d'entre eux était encagoulé. L'ajoint du recteur Boubakeur avait été roué de coups à l'aide d'une barre de fer et défiguré au cutter. L'opération a été lancée officiellement par le président du Conseil général de Haute-Garonne, le socialiste Pierre Izard. Une quarantaine de personnes venues d'Algérie pour représenter une dizaine d'associations algériennes participeront à ce tour de France, aux côtés de représentants d'associations françaises, pour senbiliser la population française au projet d'un "réel partenariat entre les deux rives de la Méditerranée".

Les associations représentées sont actives dans tous les domaines de la vie sociale. Trois journalistes, un groupe théâtral, des musiciens et une réalisatrice venus d'Algérie participent à l'opération, dont l'idée est née à Alger en décembre et a été relayée par l'association AYDA, avec le soutien du Conseil général de Haute-Garonne, du Conseil régional de Midi-Pyrénées, du ministère français des Affaires étrangères et du centre culturel français d'Alger.

Le tribunal a estimé qu'"imputer à un parti politique d'avoir des liens avec certains dirigeants du pouvoir et d'en être le relais Plusieurs partis politiques et associations demandent au gouvernement français de faciliter l'accès aux archives et de repenser l'enseignement de l'histoire à propos de la répression des manifestations du 17 octobre à Paris. Les signataires de l'appel, dont le MRAP, le Parti communiste et les Verts, demandent au gouvernement de "reconnaître cette liberté fondamentale que constitue l'accès aux archives".

Selon les chercheurs, les possibilités de consulter les archives sur les évènements de sont presque nulles: Une plaque devrait être apposée début sur l'Arc de triomphe à Paris, rendant "hommage" aux Français morts pendant la Guerre d'Algérie ainsi officiellement reconnue.

Une délégation de la Fédération mondiale des Cités Unies FMCU devrait se rendre en Algérie au printemps prochain pour définir les contours de cette coopération. Le journal publie plusieurs témoignages d'anciens policiers algériens réfugiés en France et à qui la police française a proposé de "collaborer" en échange de papiers d'identité ou de permis de séjour.

Six anciens policiers algériens rencontrés par "Libération" se retrouvent sans papiers, vivant dans la clandestinité, pour avoir refusé le marché de la police française: Les huit hommes sont accusés d'avoir implanté en France une branche d'un réseau animé par Djamel Lounici, déjé condamné en France et assigné à résidence en Italie.

Trois des prévenus comparaissent détenus, dont le responsable présumé du groupe, Mohamed Merad. Les accusés encourent au maximum dix ans de prison pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Des peines de un à sept ans ont été requises contre eux le 25 novembre. Une peine de sept ans a été requise contre Mohamed Merad.

L'interdiction du territoire français a été requise pour tous les prévenus étrangers. Les organisateurs des assises proposent une "révision des rapports d'inégalité et de dépendance" et une "mutation" des relations économiques, culturelles et humaines algéro-franco-européennes.

Il concerne des projets d'insertion des jeunes, de formation des cadres et des élus communaux de Larbâa Nath Irathen, l'amélioration du service public. Le projet entend privilégier "le développement des métiers de l'art traditionnel", de "jeter les bases d'un tourisme à dimension internationale", de relancer les fêtes locales, de créer un office du tourisme et de "réhabiliter l'image touristique de la région".

Selon l'ambassadeur, de nombreuses entreprises françaises, notamment dans les secteurs industriels, pharmaceutiques ou agro-alimentaires, ont déjà noué des contacts d'affaires, voire lancé des projets de partenariat avec des opérateurs algériens.

Pour le chef de la mission économique et financière de l'ambassade de France à Alger, Olivier Louis, ces manifestations "témoignent à l'évidence de la volonté d'un retour de l'intérêt des entreprises françaises pour le marché algérien", constat partagé par le sous-directeur du département Maghreb du ministère français des Affaires étrangères, Nicolas Schibaeff, qui a affirmé que le gouvernement français était déterminé "à apporter le soutien des pouvoirs publics français à tous ceux qui peuvent contribuer au développement de cette nouvelle dynamique d'une relation ancienne et dense".

Selon l'accusation, le réseau était basé en France, où il aurait été en contact avec le "réseau Chalabi" qui a fait l'objet d'un "procès de masse" accusés en automne à Fleury Mérogis jugement prévu le 22 janvier , et avait des connections avec d'autres réseaux islamistes en Belgique, en Allemagne et en Espagne, ainsi qu'en Belgique, où il aurait eu des liens avec le groupe dirigé par Ahmed Zaoui.

Parmi les accusés du procès du "réseau de l'hôtel de l'Harmonie", Ali Chami, extradé d'Allemagne en , qui aurait été en relations étroites avec Rabah Kébir.

Le réseau a été démantelé en mars , avec des arrestations en Espagne et à Paris dont celle du gérant de l'hôtel de l'Harmonie, Sina Cherifi. La police avait saisi des fusils d'assaut et des pistolets mitrailleurs. La plupart des prévenus assurent être de simples sympathisants du FIS. Le procès pourrait durer jusqu'à fin janvier. Le réseau, démantelé en , avait selon l'accusation des ramifications en Espagne, en Belgique et en Allemagne, mais aucune responsabilité dans les attentats commis en France en par les GIA.

Seuls deux des six autres prévenus sont emprisonnés. Un troisième responsable du réseau, Mohammed Ghebrit, Algérien, sera jugé en avril. Les prévenus encourent jusqu'à dix ans de prison pour "association de malfaiteurs terroristes" et détention d'armes.

Les avoats de la défense ont demandé le renvoi du procès, compte tenu de l'absence de Mohamed Ghebrit, emprisonné en Espagne pour infraction à la législation sur les armes.

Le Tribunal a refusé cette requête et ordonné la poursuite du procès. Arrêtés en et , les huit hommes auraient établi en France une branche du réseau animé de Djamel Lounici.

La peine la plus élevée six ans de prison ferme et dix ans d'interdiction du territoire a été prononcée contre le responsable présumé du groupe, Mohamed Merad. Cinq des huit accusés comparaissaient libres et pourraient le rester s'ils font appel du jugement. Les trois chefs présumés du réseau, Mohamed Chalabi, Mohammed Kerrouche et Mourad Tacine, ont été condamnés à huit ans de prison ferme.

La plupart des condamnés de retourneront pas en prison compte tenu des période de détention provisoire déjà purgées. Seuls 27 condamnés comparaissant détenus, dont Mohamed Chalabi, Mohammed Kerrouche et Mourad Tacine, resteront en prison. Le jugement est très en-dessous des réquisitions du Parquet, qui avait demandé la peine maximale de dix ans contre Mohamed Chalabi, Mohammed Kerrouche, Mourad Tacine et Mourredine Talhadj, et des peines de quatre mois avec sursis à huit ans ferme contre les autres accusés.

Boycotté par la plupart des prévenus et des avocats, le procès avait été dénoncé par eux comme un "procès de masse" et une manifestation de "justice-spectacle" reposant sur des "méthodes d'amalgame". La Fédération internationale des droits de l'Homme avait considéré dans un rapport publié le 21 janvier que "les preuves retenues à l'encontre de nombreux prévenus, peut-être même la majorité des personnes concernées, sont d'une telle insuffisance qu'elles ne peuvent en aucun cas entraîner la condamnation pour une infraction aussi grave" que l'"association de malfaiteurs terroristes".

Le plus gros contingent de mines dans la région date de la deuxième guerre mondiale et de la période des conflits coloniaux. Les plus récentes 2,5 à 3 millions de mines ont été posées par le Maroc autour du "mur de sable" à la limite du Sahara occidental et sur sa frontoère avec l'Algérie.

Une vingtaine de types de mines différentes ont été recensés dans la région. Près de dix millions de mines datant de la Guerre d'Algérie se trouvent encore sur les frontières avec la Tunisie et le Maroc. En novembre, un vieillard algérien a été tué en sautant sur une mine près de la frontière algérienne et sur cent personnes amputées en Tunisie, une l'est après avoir été blessée par une mine.

La Tunisie a ratifié le traité d'Ottawa interdisant la production, l'utilisation, le stockage et la vente des mines antipersonnel; l'Algérie et la Mauritanie ont signé mais pas encore ratifié le traité. Le Maroc et la Libye ont refusé de s'y associer. Deux d'entre eux, Mehdi Ghomri et David Valat, condamnés à sept et six ans de prison, ont vu leur peine allégée d'une année. Un troisième, Lahcène Bensaver, condamnés à trois ans de prison ferme, s'est vu octroyer le sursis.

Les qautres peines ont été confirmées, à l'exception de la peine de privation des droits civiques infligée aux 11 prévenus de nationalité française, qui a été ramenée de 10 à 5 ans. Cette liste inclut les 36 pays du "pré carré" traditionnel de la France dont les pays francophones d'Afrique noire, Haïti et le Cambodge , mais y intègre pour la première fois les trois pays du "Maghreb francophone", l'Algérie, le Maroc et la Tunisie.

La ZSP est supposée marquer la fin de la conception traditionnelle française de la coopération, distinguant les "pays du champ" essentiellement d'anciennes colonies, protectorats ou mandats français et les autres. Le ministre de la Coopération, Charles Josselin, n'a pas caché que cette zone était pour la France un instrument d'influence, mais a affirmé que cette influence s'exercerait "pour aider la démocratie".

La France consacrera en 47 milliards de FF environ 12 mias de FS à la coopération internationale. La réouverture des services du consulat de France d'Alger ne dispense cependant toujours pas les demandeurs de visas de s'adresser au bureau de Nantes.


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